L’hypertension chez la femme et pendant la grossesse

D e plus en plus sédentaires, avec des kilos en trop, et accros à la cigarette : ces 20 dernières années, la tension des femmes s’est envolée, en même temps que leurs comportements évoluaient. « Environ 12 millions d’hypertendus prennent un traitement en France, explique le docteur Bernard Vaisse, cardiologue. En comptant les malades qui s’ignorent, on estime qu’ils seraient en réalité 14 à 15 millions. »

La pression artérielle, avec modération

La pression artérielle est indispensable à notre vie, comme l’air que nous respirons ou l’eau que nous buvons. C’est elle qui permet au sang de se déplacer du cœur vers tous les organes du corps, à travers des « locomotives » nommées artères. Les médecins parlent d’hypertension artérielle quand cette pression exercée sur la paroi des artères ne descend plus sous la barre des 14/9 cmHg, même au repos. Cet excès de pression fatigue le cœur et fait perdre leur souplesse aux artères, les faisant vieillir prématurément.

Agissant dans l’ombre, parce que le plus souvent sans symptômes, on la surnomme le « tueur silencieux ». Mal contrôlée, l’hypertension augmente les risques d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus du myocarde, d’artériopathie des membres inférieurs ( un rétrécissement des artères qui irriguent les jambes), d’insuffisance rénale et même de démences. Prendre les chiffres de sa tension régulièrement – à l’occasion d’une visite chez son généraliste, par exemple – est donc hautement recommandé. Même quand tout va bien en apparence, et au minimum une fois par an.

Hypertension : un point sur la pillule

Pour les femmes, un rendez-vous chez le gynécologue pour se faire prescrire une contraception permet aussi d’être sensibilisée au sujet de l’hypertension. En effet, le gynécologue mesure la tension de sa patiente, vérifie son taux de cholestérol, sa consommation, ou non, de tabac … Autant d’informations dont il a besoin pour rédiger son ordonnance. Si la patiente est déjà hypertendue, il faut éviter certaines pilules et leurs hormones. Par ailleurs, les contraceptifs contenant des œstrogènes de synthèse peuvent entraîner chez certaines femmes, souvent prédisposées génétiquement, une élévation de la tension. Il suffit alors de changer de contraception pour que la plupart du temps, les choses rentrent dans l’ordre en quelques semaines. À chaque renouvellement de prescription, le médecin devra réévaluer les risques.

L’hypertension pendant la grossesse

Il y a à peine une génération, il était rare qu’une femme ayant le projet de faire un bébé soit hypertendue. Mais aujourd’hui, alors que les Françaises retardent toujours plus l’âge de la première grossesse (en 2015, elles ont accouché de leur premier enfant à 28,5 ans en moyenne, 4,5 ans de plus qu’en 1974, selon l’Insee), et qu’elles sont de plus en plus en surpoids, cette situation n’est plus si inhabituelle. Heureusement, l’hypertension n’est absolument pas une contre-indication à une grossesse.

Mais elle demande une étroite surveillance. Une femme hypertendue ayant le projet de devenir maman devra en parler à son médecin avant d’arrêter de prendre la pilule. « n faut en effet stopper les traitements tératogènes, pouvant provoquer des malformations du fœtus, et les diurétiques », prévient le docteur Vaisse. D’autres médicaments permettent de garder la tension sous contrôle pendant ces neuf mois, tout en étant sans danger. Idem lors de l’allaitement, le médecin prescrira un traitement inoffensif pour le bébé.

Hypertension gravidique

Quand une femme n’était pas hypertendue avant de tomber enceinte, mais le devient au cours de sa grossesse, on parle d’hypertension gravidique. Elle apparaît souvent au cours du deuxième trimestre. Elle touche environ 10 % des futures mamans. « Ce sont souvent des femmes en surpoids, un peu plus âgées que la moyenne, fumeuses. » L’hypertension doit être surveillée de près, et traitée, pour éviter les complications pour la maman et son bébé, comme un retard de croissance in utero.

L’une de ces complications, c’est la pré-éclampsie. Cette pathologie est due à un dysfonctionnement du placenta, qui ne fait pas son « travail » correctement. Le fœtus est privé d’une partie des nutriments et de l’oxygène qu’il devrait normalement recevoir. La future maman est alors mise au repos, et doit parfois être hospitalisée. Si elle est ignorée, la pré-éclampsie peut dégénérer en éclampsie, une crise de convulsions qui met la vie de la maman et du bébé en danger.

Il faut alors déclencher l’accouchement en urgence. Ces situations sont heureusement rares. Le plus souvent, l’hypertension disparaît sitôt la grossesse terminée. Elle aura au moins eu un aspect positif: sensibiliser les patientes à la nécessité d’adopter une bonne hygiène de vie. D’autant plus important que ces femmes ont plus de risques que les autres de souffrir d’hypertension plus tard.

L’hypertension et  la ménopause

A la ménopause, les femmes perdent un avantage qu’elles avaient jusqu’alors sur les hommes : l’effet protecteur de leurs hormones. La disparition des œstrogènes entraîne une rigidité des artères. A tel point qu’après 65 ans, une femme sur deux souffre d’hypertension. La plupart du temps, l’hypertension est dite « essentielle ». Cela signifie qu’on ne trouve pas de cause précise, si ce n’est un vieillissement naturel des artères. Mais attention, cela ne signifie pas qu’il n’y a rien à faire pour la faire repasser sous la barre des « 14/9 ». Bien au contraire !

Le traitement à vie pour en finir avec l’hyertension

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de reprendre le contrôle de sa tension … , à condition de faire quelques efforts. Déjà, en acceptantde prendre des médicaments tous les jours, toute la vie … même en l’absence de symptômes. « Ce réflexe ne doit surtout pas être vu comme une contrainte, mais comme une chance, celle de gagner de nombreuses années de vie en bonne santé», insiste le docteur Vaisse. Il faudra aussi, si nécessaire, traiter un diabète ou un excès de cholestérol. Certaines plantes peuvent être utiles, comme le curcuma et le lupin blanc (TensioReg laboratoires Botavie). Ne pas prendre en concommitance avec un traitement allopathique sans en parler à votre médecin au préalable.

Une hygiène de vie capitale

Ensuite, il faut accepter de changer quelques – mauvaises – habitudes. Comme celle de resaler systématiquement ses plats. Pas question de supprimer le sel, l’idée, c’est plus de réduire les doses. En enlevant la salière de la table, donc. Et en étant vigilant sur les sels « cachés », dans le pain, les fromages, les charcuteries, et les plats industriels. Il ne faut pas dépasser 5-6 grammes par jour. Autre recommandation des experts, ne pas accumuler les kilos superflus. Pour retrouver son poids de forme, pas de secret. Il faut limiter les sucres et les graisses saturées, consommer au moins cinq fruits et légumes par jour, manger équilibré, en respectant ses signaux de faim et de satiété. Pour savoir où vous vous situez, l’IMC (indice de masse corporelle) est un bon repère. Il se calcule en divisant le poids (en kg) par le carré de la taille (en m). Entre 18,5 et 25, la corpulence est normale. Au-delà de 25, on est en surpoids. En plus de manger mieux, il faudra aussi bouger plus. « La pratique d’une activité physique d’endurance, comme la natation ou le vélo, est recommandée trois fois par semaine, au moins trente minutes. » Étonnant mais vrai, le sport améliore la souplesse des artères. A l’inverse, les poisons des artères, ce sont l’alcool à haute dose, et la cigarette. Il ne faut donc pas dépasser trois verres de vin par jour pour un homme, deux pour une femme. Quant à la cigarette, avec ses 4 000 substances chimiques, dont 250 nocives, et 40 cancérigènes, c’est tolérance zéro !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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